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ENTRETIEN DES PLANTS : CAS DU MORINGA




Le soin porté aux plants de moringa est essentiel pour obtenir les rendements voulus.



FORMATION DES ARBRES
Comme le Moringa oleifera a tendance à produire de longues branches verticales qui ne produisent des feuilles et des fruits qu’à leur extrémité, les rendements seront faibles si l’on laisse les arbres pousser naturellement. L’arbre peut atteindre 3 à 4 mètres la première année et jusqu’à 10 ou 12 mètres les années suivantes. Il est donc essentiel de donner aux arbres une forme adéquate lorsqu’ils sont jeunes, en favorisant les ramifications latérales et en lui donnant une forme de buisson touffu.
Lorsque l’arbre atteint une hauteur de 0,5 à 1 m, il faut pincer le bourgeon terminal de la tige centrale. Ceci provoque la croissance de branches latérales qui seront également pincées. Ainsi, d’autres ramifications seront créées, ce qui augmentera les rendements et réduira la hauteur de l’arbre. De plus, le pinçage réduit les dégâts dus aux vents violents et rend la récolte beaucoup plus facile.
Le pinçage peut se faire avec les ongles tant que les pousses sont tendres. Si les arbres sont plus vieux, le bourgeon terminal peut être coupé avec un outil bien aiguisé, juste au dessus d’un noeud. Une taille sur l’entrenoeud provoquera la pourriture de la branche jusqu’au noeud du dessous, ce qui favorisera l’entrée de maladies et parasites.



IRRIGATION

Le moringa peut germer et se développer sans irrigation s’il est semé à la saison des pluies. Sa racine tubéreuse se forme vingt jours après le semis et permet aux jeunes plants de supporter la sécheresse. Cependant, pour une croissance optimale, il est conseillé d’irriguer pendant les trois mois suivant le semis.
L’irrigation est également nécessaire pour produire des feuilles toute l’année, y compris pendant les saisons sèches. Une autre option est de cesser de produire pendant ces périodes : les arbres perdront leurs feuilles mais ne mourront pas. Au retour des pluies, tailler fortement les arbres et ajouter de l’engrais organique (fumier, compost) pour assurer une bonne reprise de la pousse des branches et des feuilles.
Tout système d’irrigation peut convenir : tuyau d’arrosage, arrosoir, asperseur, goutte à goutte. Pour réduire l’évaporation, il est conseillé d’irriguer tôt le matin, ou le soir. Si l’eau est rare, un mulching ou un sarclage très superficiel des mauvaises herbes réduira l’évaporation.
Besoins en eau selon les zones climatiques :
En zone soudanienne (ex. : sud du Ghana), la production de feuilles est possible toute l’année sans irrigation, avec une baisse de production en période sèche.
• En zone de savane (ex. : nord Ghana), les plantations peuvent être conduites sans irrigation mais les récoltes de feuilles seront interrompues en saison sèche ;
• En zone sahélienne (ex. : Niger, Burkina Faso), les plantations doivent être irriguées presque toute l’année (tous les jours en saison sèche, deux ou trois fois par semaine en saison humide). Il est cependant possible de n’irriguer que lorsque l’on dispose d’eau, et de laisser les arbres au repos en saison sèche.




SARCLAGE
Pour une bonne production, les parcelles de moringa doivent être sarclées régulièrement. Lorsque la végétation adventice se développe, elle entre en compétition avec les plants de moringa, notamment pour l’azote. On constate alors que la production de feuilles diminue et que les feuilles de la base des plants se mettent à jaunir.
Les sarclages sont plus fréquents à la mise en place de la plantation, lorsque les plants sont de faible hauteur et permettent à la lumière d’atteindre le sol. On recommande au moins 4 sarclages par an pour une plantation adulte, avec des opérations plus rapprochées en saison des pluies. Une bonne option est de laisser sur place les adventices arrachées pour couvrir le sol, comme mulch pour réduire l’évaporation et enrichir le sol. Il n’est pas nécessaire de les enfouir car la capacité de rétention en minéraux des sols tropicaux est très faible. Il est préférable de laisser ces résidus se décomposer au fur et à mesure, au contact de la surface du sol, pour une meilleure répartition dans le temps des apports de minéraux pour les plants. Il est spécialement déconseillé d’enfouir les résidus si le sol de la parcelle est en pente, même légère, pour limiter la perte de fertilité par érosion.
Le sarclage doit être fait suffisamment tôt pour que les mauvaises herbes n’aient pas le temps de former des graines. Si les adventices arrachées présentent des fruits et des graines, elles doivent être enlevées du champ.



MULCHING
Le mulching consiste à couvrir le sol avec des résidus de culture ou de sarclage afin de réduire l’évaporation et de minimiser les besoins en irrigation pendant la saison sèche. De plus, la croissance des mauvaises herbes est également limitée.



FERTILISATION
Le moringa peut produire de grandes quantités de feuilles, mais seulement s’il reçoit des apports organiques suffisants. Ses feuilles sont riches en protéines, il a donc besoin de trouver de l’azote dans le sol. Les minéraux et oligo-éléments si importants dans ses feuilles doivent aussi être apportés par le sol.
Plutôt que des engrais chimiques, le compost (déchets végétaux qu’on a laissé fermenter en tas) et le fumier (déjections animales mélangées à des déchets végétaux) peuvent apporter les nutriments nécessaires tout en améliorant la structure du sol. C’est le mélange de déchets à décomposition rapide (crottes, végétaux verts et tendres) et à décomposition lente (paille, végétaux secs et fins branchages) qui assure la meilleure fertilisation.
La fertilisation se fait d’abord au moment de la préparation du sol, avant le semis. Ensuite, il est important d’apporter du fumier ou/et du compost au moins une fois par an, par exemple en début de saison des pluies, lorsque les arbres vont reprendre une production importante. S’il y a deux saisons des pluies, deux apports sont conseillés.






TAILLE
Après la taille initiale de formation, une taille d’entretien est nécessaire. Elle peut être faite à chaque récolte, si les feuilles sont prélevées en coupant toutes les branches au dessus d’une certaine hauteur. Si les feuilles sont prélevées par arrachage ou si les arbres ne sont pas récoltés pendant la saison sèche, la forme buissonnante peut se perdre et une bonne taille doit être faite juste avant l’arrivée des pluies. Au Niger, les arbres sont coupés à 20 cm du niveau du sol une ou deux fois par an. Si le tronc central est trop épais, les branches terminales peuvent être coupées comme pour la taille de formation. Dans tous les cas, il est important de couper juste au dessus d’un noeud pour éviter la pourriture des parties terminales.

Dans les parcelles produisant des graines, la taille permet de produire davantage de fruits et de plus grands fruits. Couper le bourgeon terminal lorsque l’arbre atteint environ un mètre pour induire les ramifications.



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