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CONTROLE DES RAVAGEURS ET DES MALADIES : CAS DU MORINGA




Les ravageurs les plus courants sont les sauterelles, criquets et chenilles. Ces insectes mordent et mangent des parties de la plante, entraînant la destruction de feuilles, bourgeons, fleurs, pousses, fruits ou graines ainsi que l’interruption du flux de sève. Ces attaques sont fréquentes dans les zones sèches où les feuilles de moringa attirent fortement les insectes. Il semblerait que les attaques se produisent surtout en début de saison sèche quand les insectes trouvent plus difficilement des organes verts et tendres. La meilleure solution dans ce cas est de couper les arbres pour ne laisser aucune partie verte. La repousse est très vigoureuse ensuite si les conditions de croissance (disponibilité en eau) le permettent. 



Concernant les chenilles de Lépidoptères, il convient d’observer le tout début des attaques dans le coeur des pousses pour intervenir avant qu’il n’y ait trop de dégâts. Les pulvérisations doivent viser le centre et l’extrémité des pousses pour atteindre les jeunes chenilles. L’extrait de neem peut être utilisé contre les insectes, s’il est pulvérisé à temps. Le SUNEEM 1% de la société sénégalaise SENCHIM est homologué dans les pays du CILSS (Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel). Il en est de même pour l’insecticide BIO ELIT homologué en Côte d’Ivoire de l’entreprise ivoirienne CUECDA.



Les attaques de termites causent aussi des dégâts aux plantations de moringa. Des solutions biologiques existent pour contrôler ces insectes :
  • Application de tourteaux de graines de neem dans le sol.
  • Application de feuilles de ricin, d’écorces d’acajou, de feuilles de Tephrosia ou de feuilles de Melia azedarach à la base du tronc.
  • Application de tas de cendres à la base des plantes.
  • Fabrication de pièges à termites avec des canaris ou petites bassines remplis de paille humide, de terre et autres déchets végétaux (petits morceaux de bois, noyaux de mangue).

Les canaris sont remplis le matin, disposés face contre terre, le bord légèrement enfoui, et recouverts d’une poignée de feuilles sèches pour préserver la fraîcheur. Ces pièges peuvent être relevés tous les 24 à 48 heures.


Si des insecticides chimiques doivent être utilisés, choisissez les moins toxiques, comme les pyréthroïdes. Ils ont une persistance d’action de 20 jours ou plus, même en conditions chaudes et ventées. Ils ont une action ovicide sur les oeufs de Lépidoptères. Respecter un délai de 7 jours minimum, de 14 jours si les feuilles sont consommées crues. Éviter les applications répétées plus de 2 ou 3 fois dans la saison qui risquent de provoquer des résistances et de favoriser des attaques de pucerons.
Pour connaître la liste des produits phytosanitaires homologués et autorisés à la vente dans les pays du CILSS, consultez le site :


MALADIES FONGIQUES



Ces maladies sont de loin les plus sérieuses dans la culture du moringa. Des tâches sombres peuvent apparaître sur les feuilles et finir par les couvrir entièrement, ce qui cause le jaunissement de la feuille et sa mort. Ceci est provoqué par les champignons Cercospora spp et Septoria lycopersici.
L’alternariose est également courante : elle se présente sous forme de tâches angulaires brun noir avec des cercles concentriques. Il y a aussi des lésions noires ou brunes sur les branches. L’agent pathogène est Alternaria solani. Les attaques sont souvent difficilement détectables pour ces deux maladies. Lorsqu’on les voit il est souvent trop tard et la défoliation est la plupart du temps inexorable. Il faut donc mémoriser les périodes où les dégâts apparaissent pour essayer d’intervenir plus tôt la saison suivante. Les produits efficaces et peu chers dans les deux cas sont à base de mancozèbe ou de manèbe.


En culture biologique, il faut maintenir un bon niveau de propreté autour des arbres en éliminant les mauvaises herbes qui servent souvent d’hôtes pour les pathogènes. Les feuilles et les pousses des jeunes plants doivent être régulièrement inspectées pour détecter les attaques fongiques. Une détection précoce peut sauver beaucoup de jeunes plants de la destruction. Les extraits de feuilles ou de graines de neem peuvent être pulvérisés pour contrôler les attaques fongiques. Cependant, l’action n’est pas aussi rapide et de longue durée que celle des produits chimiques. Il faut donc appliquer l’extrait le plus tôt possible et à plusieurs reprises. Ce produit peut être fabriqué localement et n’est pas toxique pour l’homme. L’extrait de feuilles n’est pas aussi efficace que l’extrait de graines, mais il peut être utilisé aussi.




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